Quel jour de l'année les Français ont‑ils le plus souvent leur anniversaire ? Selon une étude de l'Insee portant sur la décennie 2015‑2024, ce jour est le 20 juillet. Le jour le plus calme, à l'inverse, est le 25 décembre. Entre les deux, la carte des naissances françaises révèle un calendrier scolaire, des maternités qui ferment le week‑end et une France qui vieillit lentement mais sûrement.
Contrairement à une idée reçue venue d'autres pays européens, ce n'est pas septembre qui porte, en France, le record du jour le plus fréquenté dans les maternités : c'est l'été, et plus précisément le 20 juillet.
1. Le jour le plus fréquent de l'année : le 20 juillet
Sur la période 2015‑2024, l'Insee a recensé en moyenne 2 210 naissances le 20 juillet, contre 2 030 naissances en moyenne sur une journée quelconque, soit environ 9 % de plus. C'est, sur ces dix années, le jour le plus fréquenté dans les maternités françaises.1
2. Pourquoi le 20 juillet : une conception pendant les vacances de la Toussaint
Une naissance le 20 juillet correspond, neuf mois plus tôt, à une conception vers le 29 octobre, en pleine période des vacances scolaires de la Toussaint. L'Insee note que les périodes de congés semblent, en France, plus propices aux conceptions.2
3. Le calendrier complet des pics de naissances
L'étude identifie aussi d'autres fenêtres de surnaissances : la mi‑mai, la seconde quinzaine de juillet, la fin septembre et la mi‑novembre, chacune calée sur des vacances scolaires françaises neuf mois plus tôt, un rythme plus marqué que le seul « pic de Noël » souvent évoqué à l'étranger.2
4. Une saisonnalité des naissances connue depuis le XVIIe siècle
Ce phénomène n'a rien de récent : l'Ined rappelle qu'en France, dès le XVIIe siècle, il naissait près de deux fois plus d'enfants en mars qu'en juin, un rythme hérité des cycles agricoles et religieux d'avant la contraception moderne.3
5. Depuis les années 1970, le pic a glissé du printemps vers l'automne
L'Insee constate un déplacement progressif : la période la plus féconde s'est décalée du printemps et du début de l'été vers l'été et le début de l'automne. Sur 2015‑2024, l'été et le début d'automne affichent 2 % à 5 % de naissances en plus que la moyenne, contre environ 4 % de moins en mars et avril.1
6. Juillet, mois le plus fécond de l'année 2025
En 2025, le mois de juillet a compté le plus de naissances de l'année en France, avec 57 264 bébés, suivi par août (55 436). Février, mois le plus court, ferme la marche avec 49 285 naissances.5
7. 643 905 naissances en France en 2025, un plus bas niveau depuis 1942
Au total, 643 905 bébés sont nés en France en 2025, en baisse de 2,3 % par rapport à 2024. C'est le niveau le plus faible depuis 1942, et une chute de 24 % par rapport au pic de 2010. Un rapport de la Drees sur l'année 2024 situait déjà ce recul à 661 822 naissances, confirmant la même tendance d'une année sur l'autre.64
8. Une baisse confirmée par l'Assemblée nationale
Un document officiel de l'Assemblée nationale reprend des chiffres très proches, autour de 645 000 naissances pour 2025 (‑ 2,1 %), un plus bas niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec un solde naturel devenu négatif pour la première fois.7
9. Environ 1 764 naissances par jour en moyenne
En répartissant les 643 905 naissances de 2025 sur les 365 jours de l'année, on obtient environ 1 764 naissances par jour. Sur la décennie 2015‑2024, plus féconde, cette moyenne était plus élevée, autour de 2 030 naissances par jour.8
10. Nettement moins de naissances le week‑end
Les naissances ne se répartissent pas non plus également sur la semaine. Le mardi et le vendredi sont les jours les plus actifs, avec environ 2 150 naissances en moyenne (+ 6 %), contre 1 760 le dimanche (‑ 13 %) et 1 840 le samedi (‑ 9 %). Cet écart tient surtout à la programmation des césariennes et des déclenchements, rarement fixés le week‑end.9
11. Un écart qui s'est réduit depuis les années 1990
Ce déficit existe depuis longtemps, mais il s'est réduit : il n'était que de 4,5 % en 1975, a culminé à 18,8 % en 1995, avant de redescendre à 10,8 % en 2024. Les maternités programment donc un peu moins strictement les naissances en semaine qu'il y a trente ans, sans que l'effet ait disparu.9
12. Une fécondité française parmi les plus élevées d'Europe
Avec un indicateur conjoncturel de fécondité de 1,61 enfant par femme en 2024, la France occupe la deuxième place de l'Union européenne, juste derrière la Bulgarie (1,72), et loin devant la moyenne de l'UE, tombée à 1,34 enfant par femme, un plancher historique.10
13. Un accouchement sur cinq environ par césarienne
La dernière Enquête nationale périnatale, publiée en 2022 sur les données de 2021, situe le taux de césarienne à 21,4 % des accouchements en France, un niveau stable depuis 2016 environ, l'antécédent de césarienne restant la principale indication.11
14. Un taux de césariennes plus élevé en Île‑de‑France
Des données plus récentes situent ce taux à 21,6 % en 2024, avec de fortes disparités régionales : jusqu'à 26,6 % en Île‑de‑France. Ces césariennes programmées, très majoritairement réalisées en semaine, renforcent l'écart entre jours ouvrés et week‑end évoqué plus haut.12
15. Noël, le jour de l'an, le 1er mai et le 29 février : les jours évités par les maternités
Le 25 décembre est, sur 2015‑2024, le jour qui compte le moins de naissances de l'année : environ 1 600 en moyenne, soit 22 % de moins que la moyenne quotidienne. Le 31 décembre (‑ 7 %) et le 1er mai (‑ 11 %) sont eux aussi nettement désertés. Fait plus surprenant, même quand il existe au calendrier, le 29 février reste sous‑représenté, avec environ 10 % de naissances en moins que prévu, preuve que parents et équipes médicales l'évitent quand c'est possible.13
16. Le 29 février, l'anniversaire le plus rare de France
Le 29 février n'existe qu'une année sur quatre, selon la règle des années bissextiles du calendrier grégorien.14 Depuis 1968, seules 27 832 naissances ont eu lieu ce jour‑là en métropole, sur environ 41,6 millions de naissances entre 1968 et 2021 : la date de naissance la plus rare du pays.15
17. Environ 28 000 Français fêtent un vrai anniversaire tous les quatre ans
D'après l'Insee, environ 28 000 personnes vivant en France sont nées un 29 février. Les trois années où la date n'existe pas, elles célèbrent en général leur anniversaire le 28 février ou le 1er mars, avant de retrouver leur vraie date à la prochaine année bissextile.16
18. L'âge moyen des mères recule d'année en année
En 2023, l'âge moyen des mères à l'accouchement, tous rangs de naissance confondus, atteignait 31,0 ans en France, contre 30,2 ans dix ans plus tôt. Pour un premier enfant, cet âge moyen est de 29,1 ans, contre 24,0 ans en 1974 : en cinquante ans, l'âge à la première maternité a reculé de plus de cinq ans.17
19. Des jumeaux plus nombreux, et souvent plus prématurés, qu'il y a quarante ans
En 2022, les naissances multiples représentaient environ 1,6 % de l'ensemble des naissances françaises, soit 10 916 naissances, dont 141 de triplés. Ce taux avait culminé à 1,75 % en 2015, contre environ 1 % pendant les huit décennies précédentes, une hausse liée à l'âge plus tardif des mères et à la procréation médicalement assistée.18 Les grossesses gémellaires restent toutefois plus à risque : le Collège national des gynécologues et obstétriciens français relève un taux de prématurité de 52,6 % pour les jumeaux, contre 5,4 % pour les naissances uniques.19
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20. Le pic estival ne se limite pas à la France
Le fameux « effet Noël », ce pic de naissances neuf mois après les fêtes de fin d'année, a longtemps été observé dans une grande partie de l'Europe. Une étude portant sur plus de 6,7 millions de naissances suédoises entre 1940 et 2012 confirme l'existence historique de ce schéma en Europe, tout en montrant qu'il s'est nettement affaibli à mesure que la contraception et la planification des naissances se sont généralisées.20
Pour aller plus loin sur les probabilités liées à votre propre date de naissance, notre article sur les statistiques d'anniversaire rassemble d'autres chiffres utiles à connaître.
Conclusion
En France, le jour le plus fréquent pour naître, sur la décennie 2015‑2024, est le 20 juillet, porté par les conceptions de fin octobre pendant les vacances de la Toussaint. Le jour le plus calme est, sans surprise, le 25 décembre. Entre les deux se dessine un calendrier façonné par les vacances scolaires, la programmation des césariennes en semaine et une natalité française qui recule mais reste parmi les plus dynamiques d'Europe.
Pour une prise de parole, ce genre de détail est un excellent point de départ : rappeler que la personne fêtée partage sa date avec des milliers d'autres Français, ou qu'elle appartient au contraire à une minorité statistique, donne du relief aux premières phrases d'un discours d'anniversaire.
Sources
- Insee, Insee Focus n°360(insee.fr)
- Insee, Insee Focus n°360(insee.fr)
- Ined, Population et Sociétés n°474(ined.fr)
- Drees(drees.solidarites-sante.gouv.fr)
- Insee, Les naissances en 2025(insee.fr)
- Insee, Les naissances en 2025(insee.fr)
- Assemblée nationale(assemblee-nationale.fr)
- Insee, Les naissances en 2025(insee.fr)
- Insee, Insee Focus n°360(insee.fr)
- Eurostat(ec.europa.eu)
- Inserm, Enquête nationale périnatale 2021(inserm.fr)
- GYNaissance(gynaissance.com)
- Insee, Insee Focus n°360(insee.fr)
- Wikipédia, Année bissextile(wikipedia.org)
- Gambin(gambin.co)
- ICI (ex France Bleu)(ici.fr)
- Insee, Insee Focus n°356(insee.fr)
- Jumeaux et Plus Paris(jumeauxetplusparis.fr)
- CNGOF(cngof.fr)
- Human Reproduction Open (Oxford Academic)(academic.oup.com)
Questions fréquentes
Quel est l'anniversaire le plus fréquent en France ?
Selon une étude de l'Insee portant sur les naissances entre 2015 et 2024, le 20 juillet est le jour de l'année qui compte le plus de naissances en moyenne, environ 9 % de plus qu'un jour ordinaire. Ce pic s'explique par des conceptions survenues fin octobre, pendant les vacances scolaires de la Toussaint. D'autres pics secondaires existent à la mi mai, fin septembre et mi novembre.
Pourquoi y a t il un pic de naissances en été en France ?
Le pic du 20 juillet correspond à des conceptions qui remontent à fin octobre, pendant les vacances de la Toussaint, une période où les Français ont plus de temps libre. Depuis les années 1970, la saison la plus féconde s'est d'ailleurs progressivement décalée du printemps vers l'été et le début de l'automne.
Pourquoi naît on moins le week end en France ?
Les naissances sont environ 13 % moins nombreuses le dimanche et 9 % moins nombreuses le samedi que la moyenne, contre un léger surplus le mardi et le vendredi. La raison principale est que les césariennes programmées et les déclenchements, qui concernent environ un accouchement sur cinq, sont très majoritairement fixés en semaine par les maternités.
Quel est l'anniversaire le plus rare en France ?
Le 29 février est de très loin la date de naissance la plus rare, puisqu'elle n'existe qu'une année sur quatre. Depuis 1968, seules environ 27 800 naissances ont eu lieu ce jour là en France, sur plus de 41 millions de naissances au total, et environ 28 000 Français sont nés un 29 février.